La dernière Utopie : Le localisme

Localisme : La dernière utopie

Localisme-5La mondialisation est victorieuse sur tous les fronts. Les capitaux, les populations, les images sont en mouvement perpétuel sur la planète. Mais ce phénomène rencontre la résistance du citoyen isolé. Frustré de ne plus avoir en main son propre destin, il crée une contre-société où les valeurs d’entraide et de partage s’imposent.

Localisme-1La mondialisation renforce la domination des mégalopoles. Paris, Londres, Los Angeles, sont devenues des citadelles qui envisagent leurs destins hors des nations. La concentration des populations ( 12 millions pour le Grand Paris ) est telle que l’exercice démocratique n’est plus possible. Dans ces mégalopoles le citoyen n’exerce plus de pouvoir, il n’est plus qu’un administré, un client de la ville. Pour comprendre la démocratie participative, il faut aujourd’hui se tourner vers les expériences rurales. Un monde où le citoyen est encore un acteur du changement.

Localisme-10J’ai réalisé un reportage photographique sur une école libre en Normandie. En 2008, Louis et sa femme Soëzic se sont installés dans une grande ferme. Entrepreneurs dans la rénovation, ils décident d’offrir à leurs enfants, un autre modèle de société, axé sur l’entraide et la connaissance de la nature. Pour aller au bout de leur réflexion, ils les soustraient à l’éducation nationale nationale et créent leur propre institut : l’école Béthanie de Villers-Sur-Mer. Très rapidement, d’autres enfants viennent grossir la classe.

Localisme-12Pour beaucoup de parents, l’éducation nationale est devenue un monstre froid, très éloigné de leurs exigences. Chaque année, une centaine d’écoles hors contrat s’ouvrent. Débordé par le phénomène, Le ministère n’est plus capable d’organiser des inspections dans ces nouveaux établissements ( conformité aux mœurs et aux règles de sécurité ).

Localisme-8A l’école libre Béthanie, les cours sont dispensés par un professeur salarié de l’association. Le matin on enseigne les fondamentaux. L’après-midi est consacré aux visites des sites de la région. Une attention particulière est portée à l’enseignement de la nature ( forêts, plantes et animaux ).

Localisme-4Durant la récréation, les enfants vont donner à manger aux poules et au troupeau de chèvres.

Localisme-9Un environnement harmonieux propice à l’expression de la créativité.

Localisme-7L’école Béthanie est un exemple parmi des milliers de cette contre société émergente, axée sur l’entraide. Autre exemple, le nouveau film de Dominique Marchais « Nul homme n’est une île » qui a pour sujet le communalisme. Le documentaire s’ouvre à Sienne, sur une fresque murale du quatorzième siècle. C’est une vaste allégorie sur les principes d’harmonie qui régissent les communautés humaines. Fresque passionnante car elle nous fait comprendre que la question autour du bien commun et de la démocratie participative fut posée il y a huit siècle.

Localisme-11« Nul homme n’est une île » nous montre ensuite une reconquête du « bien commun » par des communautés rurales qui oeuvrent pour une société collaborative. En Sicile, les agriculteurs de la coopérative « le Galline Felici » ( les poules heureuses ) mettent en place des circuits courts entre cultivateurs bio et distributeurs. En Suisse, des menuisiers luttent contre le dépeuplement des villages en pratiquant des savoirs-faire oubliés. A l’image de Louis faisant son pain, il y a dans ce courant du « Localisme » un vrai engouement pour les savoirs- faire artisanaux. A Paris le chef Guillaume Sanchez, une vedette de la cuisine, ouvre un restaurant ( NE/SO) où l’on pratique une technique culinaire ancestrale : la fermentation. Technique qui a pour politique le temps long et l’antigaspi.

Localisme-6Le « localisme » est une utopie qui fait rêver. Loin des clivages idéologiques, il est devenu une manière de vivre. Vivre de manière plus saine et plus courtoise.

nul hommePour voir un extrait du documentaire de Dominique Marchais, cliquez sur l’image.