Nuit-Debout

Nuit-Debout

Par un beau soleil d’avril, je me suis rendu place de la République. Une fin d’après-midi d’un fin de week-end, pour comprendre le phénomène « Nuit-Debout ». Ni approuver, ni condamner mais saisir un mouvement, une kermesse, qui étonne et agace.
Nuit_debout-1 Sur la place, on parle beaucoup, en petit comité comme en assemblée, on fait des dessins, parfois la cuisine, on chante et on consulte des avocats. En bref on veut PARTICIPER ! La « participation » est une tendance lourde, elle a fait le succès des réseaux sociaux. Comme Facebook, « Nuit-Debout » est un joyeux bordel, joyeux comme le désir de s’exprimer.

Nuit_debout-2On rassemble 20 à 30 personnes et on organise des commissions. Elles sont diverses et multiples : commission Campement, commission Dessin Debout etc… Ici sur l’image, la commission Numérique qui lance un débat : REFAIRE LA DÉMOCRATIE, pourquoi, comment et avec qui ? Un vaste débat animé par Richard Stallmon, initiateur du mouvement du logiciel libre.

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Nuit_debout-5Chorale-Debout / Atelier de chansons de lutte. Une occasion pour moi de découvrir de vieilles chansons françaises. Avant la prédominance des médias de masse, les chansons véhiculaient l’information. Il y avait des chansons sur tout : le bagne, les grèves, les incendies et les naufrages.

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Nuit_debout-8Tous les soirs, l’assemblée générale réunit des centaines de gens. C’est un défilé d’intervenants prenant la parole pendant deux à trois minutes . Des luttes rassemblant des intermittents, des féministes, des syndicalistes. Le restaurant communautaire en profite pour prendre le micro : « Nous avons besoin d’une bonbonne de Gaz, qui en possède une ? ».

Nuit_debout-9Est-ce donc cela une révolution ? Un torrent de paroles, un désir irrépressible d’expression. Je pense aux souvenirs de Tocqueville sur la révolution de 1848. Me vient aussi à l’esprit, le film de William Klein sur mai 68 « Grands soirs et petits matins ». On y retrouve les mêmes scènes : des gens qui se parlent, inconnus les uns aux autres. Des inconnus qui s’écoutent et refont le monde.

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Nuit_debout-13Papiers découpés et crayons de couleur. Au village de la République, on écoute les prises de parole et l’on se divertit dans les ateliers créatifs. Contre l’uniformisation de la pensée et des formes, une seule attitude. L’attitude « C’EST-MOI-QUI-L’AI-FAIT ».

Nuit_debout-15Nuit-Debout invente une langue de signes pour débattre en assemblées. Pour manifester son approbation, on lève les deux mains et on remue les poignets. Il existe aussi des gestes pour la désapprobation, la demande de parole, la demande de silence…

Nuit_debout-16Les malentendants sont très actifs au sein de Nuit-Debout. Ils se battent pour l’accessibilité de tous aux moyens de communication. 500 000 malentendants et aveugles ne peuvent téléphoner du fait de leur handicap. Ils font pression sur les opérateurs télécoms afin qu’ils créent un « centre de relais téléphonique ». Un centre qui assure en mode simultané la transcription en langue de signes ou en communication multimodale d’une conversation.

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Nuit_debout-18Je suis étonné par la mobilisation et sa diversité. On trouve place de la République, un tas de professions différentes : des médecins, des avocats, des cuisiniers. Sous la protection d’une bâche tendue, un studio de télévision s’est créé. A l’entrée de la tente, on lit sur un vieux morceau de carton déchiré : « Ne pas rentrer, émission en cours ».

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Nuit_debout-20L’inévitable personnage des médias. Un peu hagard, un peu flippé, dans l’attente d’un débordement violent ou d’un je-ne-sais-quoi.

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